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jeudi 9 octobre 2014

Chacune suit son chemin



D'abord il y a eu le contre coup : les larmes à flots.

Et puis le rejet du couple, de la vie, l'enfermement chez moi.
Le goût des choses qui s'en va ; les couleurs qui se fadent.


La boulimie puis plus rien avaler,
Achats compulsifs de n'importe koi , du superflu et de l'inutile tiens, défouloir,
 Non rien pour moi, à quoi bon,
 le rejet de mon reflet, de cette  féminité.
Quelle féminité?
Ne pas se regarder dans ce miroir.
Laisser ce corps.
Malmené , gorgé d'hormone,
Le mépriser.

L'envie d'écrire des pages en boucle sur le blog et puis l'envie de ne plus rien écrire du tout.


Penser à celles pour qui ça marchent du premier essai,
Penser à celles pour qui ça  marchent à la 5ème en dérogation,
Penser à celles qui veulent faire changer les lois,
Penser à celles qui vivent une fausse couche,
Penser à celles qui ont besoin d'un ventre,
d'un ovocyte,  de gamètes mâles,
Penser à celle qui s'acharne à l'adoption,
Penser à  toutes celles qui ont réussies
et penser à toutes celles qui renoncent à l'enfant.

Penser à toute la famille des infertiles.

Puis il y a eu des angoisses de mort.
Pas d'idées suicidaires mais des angoisses de mort.
Entre ces  migraines hormonales et ce corps que je ne reconnais plus,
en plus de le renier.

J'ai cherché dans ces angoisses...
comme une petite fin de moi.
Comme si je m éteignais.
Qu'il n'y aurait nulle part l'indéfinissable passation, transmission....
de moi à mon descendant.
Que je serais un terminus.
Que je m'évanouissais dans le néant.
C'était angoissant, ça me venait comme ça,
de la sensation .


Alors j'ai commencé à penser au don
et l'angoisse de mort à persisté
je ne cessais de penser à ma mort.
Que si je donnais  naissance à un bébé issu du don
et que la mort m'emportait,
qu'allait il rester à cet enfant?
Il n'aurait pas en lui cette imperceptible part de moi.
Et qu'il ne retiendrait rien de moi.

Dans tous mes possibles projets ,
la mort se présentait sous toutes formes.
Inéluctable.

Et j'ai su alors qu'il fallait tout raser,
repartir à zéro.
Tout oublier pour voir autrement.
Que le chemin serait long mais qu'il y avait un autre chemin.
Qu'il faudrait juste du temps...

Alors j'ai du laisser faire , face aux impossibles projections.
Attendre et penser , attendre et penser.

De pensées macabres en pensées macabres,
il m'a fallut bien des jours et des nuits pour sortir de cette grotte.

Comprendre combien la mort, la vie, le deuil se sont amalgamés.
 


Accepter la mort de tout mes embryons pour rien est une chose ,
et c'est juste là où j'en suis tout juste à peine puisque j'en pleure à l'écrire,

 Faire le deuil de mes gamètes est une autre chose encore 
 se sera la prochaine étape vaste et profonde....

puis Choisir de donner la vie à son enfant  avec les ovocytes d'une donneuse est encore une autre chose qui pour moi est la libération suprême vers un nouvel espoir.


Je commence à peine mes réflexions qui restent très personnelles de mon histoire.
C'est extrèmement complexe , pourtant c'est un cheminement nécéssaire,
sans compter tout ce que nous ne maîtrisons pas.
Qui nous surpasse .